#Lyon SEMINAIRE DE #PSYCHANALYSE AVEC LES ENFANTS

6 Sep

 

 

Sur le thème de l’année.

Séminaire ouvert à tous. Chaque membre du séminaire peut s’engager à présenter un questionnement en lien avec sa clinique venant éclairer, interroger,  mettre en mouvement la théorie, la rendre vivante. L’objectif étant de permettre une discussion dans le respect de la parole, sans jugement. Dans cette rencontre, possible ou non, s’il est question de moi et de mon désir inconscient en rapport à cet enfant, comment l’enfant, lui, y prend-il sa place ?

Mardis de 2017 : 17/10-21/11

Mardis de 2018 : 16/01-19/03-15/05-19/06

Sous la responsabilité de Claude Breuillot : 0682370453

 

Le 3ème mardi du mois.

Horaire: 21h.

Lieu: 60 rue des Rancy à Lyon 3ème 

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#Paris Congrès International trilingue @anfreudienne 7 et 8 octobre

6 Sep

LE CONGRÈS  2017  « La cura cura » aura lieu les 7 et 8 octobre 2017 

Congrès trilingue (français/espagnol/anglais)

 

La cura cura. Le concept de guérison en psychanalyse

La cura cura. El concepto de curación en psicoanálisis

La cura cura. The concept of cure in psychoanalysis

De 09h30 à 18h

83, boulevard Arago – 75014 – Paris

M° Saint Jacques (ligne 6) / Denfert Rochereau (lignes 4, 6/ RER B)

à L’institut de Théologie protestante

PROGRAMME // PROGRAMA // PROGRAM

Samedi 07 Sábado 07 Saturday 07

Matin | Mañana|Morning

8h30- Accueil / Acogida/ Reception

9h30- ROBERT LEVY (A.F Paris,France)

Conference d’introduction / Conferencia de introducción / Introduction talk

 

Présidente de séance / Presidenta de mesa/ Chairman of the table

FRANÇOISE FABRE (A.F Paris,France)

9H45-  CAROL WATTERS (A.F Nice,France)

« La construction sinthomatique modifiant le rapport du sujet avec l’objet a, a- t-elle une part d’incalculable ?

«¿La construcción sintomática que modifica la relación del sujeto con el objeto a, ¿tiene algo de incalculable?»

«Can an unexpected aspect arise between subject and object a as a result of the construction of the sinthome?»

Discutant/Discute/ Discussant : ROQUE HERNANDEZ (A.F Alicante, Espagne)

 

10h30-  ALESSANDRA GUERRA (A.F Ravenne, Italie)

«La cura nelle psicoterapie»

«Le soin en psychothérapie»

«La cura en psicoterapia»

«The cure in psychotherapy»

Discutante/Discute/Discussant: EVA VAN MORLEGAN (A.F Madrid, Espagne)

 

11h15- Pause | Descanso|Break

 

Présidente de séance/ Presidenta de mesa/ Chairman of the table

MARIAN LORA TORA (A.F Madrid, Espagne)

11h30-  CHRISTIAN HOFFMANN (Professeur de psychopathologie clinique à l’université de Paris 7. Psychanalyste, membre d’Espace analytique)

«L’analyse thérapeutique»

«El análisis terapéutico»

«Therapeutic analysis»

Discutant/ Discute/ Discussant: ROBERT LEVY (AF Paris, France)

 

12h15- DONNA REDMOND (Psychanalyste à Dublin, Irlande et directrice d’APPI)

«Proscribed or prescribed reality; How does the ethic of psychoanalysis inform clinical practice? »

«Réalité proscrite ou prescrite : Comment l’éthique de la psychanalyse renseigne t-elle la pratique clinique?»

«Realidad proscrita o prescrita : Como la ética del psicoanalisis informa la práctica clínica»

Discutante/ Discute/Discussant: JACQUEMINE LATHAM-KOENIG (A.F Paris, France?

 

13h Déjeuner | Almuerzo|Lunch Break

 

Après-midi | Tarde| Afternoom

Présidente de séance / Présidenta de mesa/ Chairman of the table

MARÍA CRUZ ESTADA (A.F Madrid, Espagne)

 

14h30- MERCEDES MORESCO (A.F Buenos Aires, Argentine)

«No todo vale»

«Pas tout est permis »

«Not all is permited»

Discutant/ Discute/ Discussant : MICHEL FERRAZZI (A.F Grenoble, France)

 

15h15-   HOUCHANG GUILYARDI (Psychanalyste, psychiatre, président de Psychanalyse et Médecine.)

Guérison et Structure: frustration, castration, privation

Curación y estructura : frustración, castración, privación

Cure and Structure: frustration, castration, privation

Discutant/ Discute/ Discussant : RADJOU SOUNDARAMOURTY (A.F Paris, France)

 

16h- Pause | Descanso|Break

 

Président de séance / Présidente de mesa/ Chairman of the table

JEAN-JACQUES LECONTE (A.F Paris, France)

 

16h15- ROSSELLA GIACOMETTI (Psicologa psicanalista presidente delle associazioni Accademia Platonica delle Arti e Merry Poppins e vicepresidente dell’associazione Comunità Internazionale di Psicanalis, Turin, Italie)

«La cura senza guarigione ovvero un paradosso della psicanalisi»

«La cure sans guérison ou un paradoxe de la psychanalyse»

«La cura sin curación o una paradoja del psicoanálisis»

«Cure without cure or a paradox of psychoanalysis»

Discutant/Discute/Discussant: JEAN-JACQUES VALENTIN (A.F Paris, France)

 

17h- ANNA KONRAD (A.F Paris, France)

«La guérison analytique des dommages de la vie quotidienne du sujet»

«La curación analítica de los daños en la vida cotidiana del sujeto»

«The analytical cure of the damages of everyday life of the subject»

Discutante/Discute/Discussant: SOFÍA ORTEGA (A.F Madrid, Espagne)

 

DINER/CENA/DINNER

 

Un cocktail dinatoire vous sera proposé à 20h30 dans un lieu convivial à Paris.

Analyse Freudienne offrira le champagne pour fêter ses 25 ans

 

Se propone un cóctel tentempié en un lugar agradable de Paris a las 20:30.

Análisis Freudiano ofrecerá champagne para festejar sus 25 años

 

A dinner cocktail will be organized in Paris at 08:30

Analyse Freudienne will offer champagne for the 25th anniversary

 

DIMANCHE 08 DOMINGO 08 SUNDAY 08

Matin | Mañana|Morning

Président de séance/ Presidente de mesa/ Chairman of the table

CLAUDE BREUILLOT (A.F Lyon, France)

 

09h30-  LOLA MONLEÓN (A.F Madrid, Espagne)

«Feminización y cura»

«Féminisation et cure»

«Feminization and cure»

Discutant/ Discute/Discussant: LAURENT BALLERY (A.F Paris, France)

 

10h15- DENISE BRETT (Psychanalyste à Dublin, Irlande. Membre d’APPI)

«Counting Clouds »

«Compter les nuages»

«Contando nubes »

Discutant/ Discute/ Discussant: MARCEL ROCKWELL (A.F Paris, France)

 

11h- Pause|Descanso|Break

 

Président de séance/ Pesidente de mesa/ Chairman of the table

GILBERT, POLETTI (A.F Bastia, Corse)

 

11h15- GUILLERMO KOZAMEH BIANCO (A.F Madrid, Espagne)

«Soportar la voz del otro»

«Supporter la voix de l’autre »

«Supporting the voice of the other»

Discutant/ Discute/Discussant: DANIEL COLSON (A.F Reims, France)

 

12h- Dejeuner|Comida|Lunch

 

Présidente de séance/ Presidenta de mesa/ Chairman of the table

CELINE DEVALOIS (A.F Paris, France)

 

13h30- CHARLES MARCELLESI (A.F Porte Veccio, Corse)

«Faire tomber le symptôme et modifier le sinthome».

«Dejar caer el síntoma y modificar el sinthome»

«Dropping the symptom and modifying the sinthome»

Discutante/ Discute/ Discussant: ANNICK HUBERT-BARTHELEMY (A.F Lyon, France)

 

14h15- SERGE GRANIER DE CASSAGNAC (A.F Paris)

«Guérison et savoir inconscient»

«Curación y saber inconsciente»

«Cure and unconscious knowledge»

Discutant/ Discute/Discussant: PHILIPPE WOLOSKO (A.F Metz, France)

 

15h00- CONCLUSION | CONCLUSIÓN| CLOSURE

Sujet de l’#inconscient et logiques institutionnelles. La fin des prises en charges de jeunes majeurs par l’ASE. #enfance #ASE #SEGPA #college2017

5 Sep

Cartel : le psychanalyste dans la cité.

Paris 2017

Claude Breuillot Psychanalyste AF Bourgogne, @clbr71

 

Dans ces temps pourvoyeurs d’un grand hédonisme et de bienveillance, je tenais à éclairer le Réel de deux jeunes de 17 et 18 ans, placés en famille d’accueil dont la famille, ou les quelques racines qui leur restent, sont en banlieue parisienne. Ce faisant, je tenterais d’apporter mon analyse des choix politiques concernant le rôle de l’Aide sociale à l’Enfance confronté aux logiques financières.

Comment le psychanalyste peut-il se positionner entre logique sociale et logique de l’inconscient ?

 

Ces 2 jeunes que je nommerai Martin et Serendib seront confrontés à l’aube de leur majorité à des angoisses d’abandon dévastatrices en fonction de leurs moyens psychiques à ce moment de passage adolescent.

 

J’écris en m’appuyant sur une actualité pressante démontrant la violence, la maltraitance des changements opérés au sein des MDS (Maison des solidarités).

Par exemple, dans les Bouches-du-Rhône écrit Delphine Tanguy, journaliste à La Provence,  ils sont en ce moment 3 193 mineurs, venus de tous les milieux, à être soustraits à la garde de leur famille sur décision d’un juge ; soit 593 cas de plus qu’en 2015. Troubles du lien avec le parent, négligence, maltraitance, abus sexuels : la « plus fine » identification de ces cas, toujours lourds, aurait « fait exploser » le nombre de placements. « Les moyens n’ont pas suivi », déplorent les syndicats. Le nombre de familles d’accueil a, lui, spectaculairement décru : sur 650, 230 ont rendu leur tablier en moins de cinq ans. Plus de 70 postes d’éducateurs et assistantes sociales seraient aussi vacants. Quant aux foyers, ils saturent : « Parfois, on doit poser des matelas au sol. » Pauline, assistante sociale à Martigues, raconte le cas d’un petit de 3 ans, accueilli, faute de place, dans un centre pour ados, où il fut « brûlé » par les plus grands. La conseillère départementale déléguée à l’enfance, impute « en partie » la saturation du dispositif d’accueil à la prise en charge de 437 mineurs isolés étrangers.[1]

 

Serendib atterrit à l’âge de 5 ans accompagné de ses parents en Allemagne. Ils fuient la guerre civile qui fait rage dans leur pays d’origine. Il entrera en France clandestinement. Dans la rue, puis d’hôtels en hôtels, il suivra ses parents dans un périple chaotique entre violence paternelle et alcoolisme. Premiers vols à 6 ans dans une épicerie. Il s’enfonce rapidement dans la délinquance pour être retiré à la garde de ses parents suite à une demande du juge. Il est en attente de procès. Déscolarisé à 16 ans et malgré des carences multifactorielles, il se pose, peut-être pour la première fois, dans un travail de parole que je lui propose. La confiance est à construire. Il évoque ses souvenirs particulièrement envahissants que je nommerai réminiscences qui ont fait effraction dans son psychisme et dont il porte les traces encore aujourd’hui. Comment se représente-t-il ces évènements de son passé ? Les bombes. La fuite dans les abris. Les membres de sa famille décédés. Comment la radicalité des changements qui adviennent encore aujourd’hui dans son environnement ne pourraient-ils pas faire écho à ses différents traumas ? Comment ces traumas viennent-ils se symboliser pour lui dans ce temps qui réactive inconsciemment l’origine, l’originaire ?

 

Je reçois Martin suite à un séjour de rupture à l’étranger proposé par l’ASE de son département. Je découvre un jeune perdu, se raccrochant éperdument de toute figure maternelle notamment dans sa famille d’accueil. Les séjours de rupture offrent aux professionnels des possibilités de relais pour certains jeunes en grande difficulté. Notamment, ceux d’entre eux qui ont cumulé tout au long de leur parcours une succession d’échecs, qui ont explosé leur placement ou qui ont ruiné tous les efforts et toutes les tentatives pour répondre à leur problématique. Le recours aux séjours de rupture à l’étranger s’est multiplié ces dernières années, sans que l’on s’interroge vraiment sur leurs effets et sans que des normes d’encadrement aient été mises en place. Dans un rapport interministériel consacré à ces activités[2], un décompte précis est fait : pour l’année 2002, 563 jeunes ont été concernés… soit 0,70 % de l’ensemble des jeunes confiés à l’ASE et à la PJJ. Je me suis interrogé sur sa place dans de tels projets qui au départ sont une alternative à l’enfermement. Me risquant à un diagnostic, je pense que martin est psychotique. Son  discours sur ce séjour teinté de fantasmes me fait froid dans le dos. Mais notre rencontre fut l’occasion d’un ancrage dans son enfance souffrante, placé à 5 ans pour cause d’inceste familial, perdant son père sous ses yeux à l’âge de 6 ans et précipité très rapidement dans des conduites tyranniques avec sa mère. Enfance dévitalisée, non habitée par les mots, ne pouvant accéder à un établissement spécialisé, son séjour inclusif en SEGPA (section d’enseignement général et professionnel adapté) fût un fiasco. SEGPA, une structure qui a toute sa place dans le traitement de la grande difficulté scolaire écrit le ministère de l’Education Nationale[3]. Ne pouvant supporter quelque frustration que ce soit, et suite à de nombreux passages à l’acte violents sur les professeurs, il termina déscolarisé dans sa famille d’accueil.  Il n’a pas bénéficié, hors une aide sociale, de l’accompagnement thérapeutique adapté que l’on trouve en EREA  établissements régionaux d’enseignement adapté, avec internat (car si dans la majorité des cas les élèves accueillis manifestent des difficultés comparables à ceux des SEGPA des collèges, leurs conditions sociales sont souvent telles qu’elles justifient une éducation en internat) ou en ITEP (Instituts Thérapeutiques Educatifs et Pédagogiques) . Lui également sera-t-il lâché dans la nature à sa majorité ?

 

Alors que selon un rapport du Sénat en date du 28.06.2017, Rapport d’information de Mme Élisabeth DOINEAU et M. Jean-Pierre GODEFROY, près de 13.000[4] mineurs isolés non-accompagnés sont actuellement pris en charge par les conseils départementaux, la situation ne devient-elle pas implosive et source d’abandons à venir ? Si une disparité entre département existe, nous pouvons constater que la dépense d’accueil (6,08 milliards d’euros) représente près de 84 % du total du chapitre et augmente de 1,3 %. En 2016, 3600 jeunes supplémentaires ont été accueillis par rapport à 2015. Cette hausse est liée à l’accueil des mineurs (+ 5000) tandis que le nombre de jeunes majeurs pris en charge s’est à nouveau réduit (- 1400).[5]

Que deviendront les jeunes majeurs, dont Martin et Serendib qui se verront notifier l’arrêt de leur prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) , 3 mois en général après le jour de leur majorité ? Quelles seront les conséquences de cette précipitation ? Devant l’exigence sociale d’une autonomie cachant la misère institutionnelle, il a été demandé à Serendib de faire une expérience en foyer de jeunes travailleurs à 300 km de sa famille. Qui pourra mettre en lien le télescopage symbolique entre son histoire et son vécu d’isolement ravivant une blessure encore très présente ?

 

Je n’entends pas mon rôle dans la prévention prédictive mais dans la prévention prévenante. Pour rappel, 2% de la population générale termine dans la rue sans domiciles fixes, contre  30% d’enfants ou d’anciens enfants de la DASS ou ASE.

 

[1] Article du 30.05.2017 La Provence. http://www.laprovence.com/article/edition-marseille/4471850/ces-enfants-on-en-fait-des-bombes-humaines.html

[2]  Mission sur les séjours à l’étranger, rapport conjoint des Inspections générales des Services judiciaires et des Affaires sociales, avril 2004

[3] http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=94632

[4] http://www.infomie.net/IMG/pdf/r16-5981.pdf

[5] ODAS – Dépenses départementales d’action sociale en 2016 : Des résultats en trompe-l’œil. http://www.infomie.net/spip.php?article3857

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#Paris 11 mars 2017 à 17h30 « Intervention publique du psychanalyste dans les #médias. »

21 Fév

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De la place du #feu dans la cure et de ses effets dans la #cité. #psychanalyse #sacré

20 Fév

 

Métamorphoses de la libido dans la culture.[1]

 

Claude Breuillot, psychanalyste / @clbr71

Travail préparatoire au cartel d’Analyse Freudienne : le psychanalyste dans la cité.

Mars 2017

[…] Prendre une vessie pour une lanterne, c’est-à-dire ce qu’on peut dire de mieux pour établir une confusion : une vessie peut faire une lanterne, à condition de mettre du feu.[…][2]

 

Pour qui les banlieues s’embrasent-elles ?

 

Quand l’angoisse de vivre et d’ex-sister est la condition tragique de l’être humain, la culture, l’éducation et quelques-uns vont-ils permettre enfin permettre une analyse de ces mouvements souterrains qui propagent la déliaison et la haine ?

Une patiente de 48 ans se remémorait un moment clé de son enfance. 3ème de 5 enfants dont l’ainé de 5 ans de plus qu’elle, et les deux derniers sont des garçons, elle évoque ce jour de ses 7 ou 8 ans où ils sont seuls hors du regard parental. L’un d’eux met le feu à du papier et le risque fût grand de mettre le feu à la chambre. Cette histoire aujourd’hui continue d’alimenter les questionnements parentaux, et perpétue le ciment fraternel du secret. Elle me dit qu’elle ne pourra jamais dire qui avait mis le feu, même à son analyste. Est-elle témoin ou complice ? Figure de la défiance ? De la honte ?

Le ciment fraternel fonctionnerait comme un corps « constitué » pouvant permettre une mise à distance du corps propre, en réaction à des motions pulsionnelles encore non symbolisées. Dans le cas de cette patiente, aucune altérité ne semble possible. Elle me demande de respecter ce voile : « (qui) permet au sujet, à celui qui fait appel à nous, de se mettre à distance de celui dont le réel désarroi pulsionnel fascine et inquiète, afin de recevoir une image qui donne enfin une consistance à ce que le sujet est pour l’autre.[3] »

Le feu ça brule, et on interdit aux enfants de s’en approcher. Bachelard écrit : « L’interdiction  sociale  est  notre  première connaissance générale sur le feu. » Je ne pense pas et vais tenter de le montrer.

Voici un texte d’un franc-maçon parlant du secret: « Le secret naît avec l’initiation; un secret qui, dans le même temps, unit et divise. Il unit l’apprenti à la loge dont il partage désormais les travaux. Mais avec ce secret si ardemment désiré par l’impétrant c’est aussi une coupure définitive avec la vie profane qui se joue. Le secret matérialise le passage du profane au sacré, de l’ombre à la lumière. Ce qui m’était jusqu’alors inconnu, m’est révélé progressivement par les différentes phases de l’initiation; pour que la lumière soit donnée, que ses frères se dévoilent à lui, l’impétrant sera débarrassé de son bandeau, ultime vestige de son aveuglement profane; mais cela ne peut se faire sans que le testament philosophique ne soit détruit ; il ne peut pas accéder à la lumière de l’initiation sans le renoncement absolu à cette vie qu’il quitte. Si l’initié accède à un secret, il en porte un autre profondément ancré en lui ; celui des aspirations qui l’ont conduit aux portes du temple. Ce secret il l’aura partagé avec ses futurs frères, et eux seuls, à qui le testament est lu avant d’être brûlé. »

« Le silence et le secret habitent le pouvoir, ancrent ses interdits ; mais ils desserrent aussi ses prises et ménagent des tolérances plus ou moins obscures. » écrit Foucault[4].

Qui a mis le feu ? A mettre en parallèle avec Qui est coupable ?

J’entends le feu comme la jouissance suprême, le plaisir lié aux masturbations, le déplacement de l’impossible mise en mots des interdits masturbatoires autoérotiques ou des premiers jeux de découverte avec le corps de l’autre. Le feu qui peut venir rougir les joues de certains analysants, m’évoquant la honte ou des résistances inconscientes. Les feux de l’amour du feuilleton éponyme. Comment, dans la toute petite enfance, des bruits dans la chambre parentale, un regard passé dans l’embrasure d’une porte entre-ouverte, le frôlement des parties génitales dans un moment inattendu de soin maternel ou de jeu, peut venir mettre le feu aux poudres ?

Le feu comme venant symboliser un passage du domaine du sacré ? « Chez les femmes, pas de rites visibles comme tels, pas de « cérémonie ». Les paroles accompagnant les règles des filles les faisant ainsi passer au statut de femmes sont un accompagnement d’un passage, d’une coupure définitive avec la vie « profane ». « Ce passage du profane au sacré, chaque fille le vit en devenant potentiellement mère au moment des premières règles. » écrit la psychanalyste Suzanne Delorme.

Quel contrat inconscient cette patiente a-t-elle passé avec ses frères et sœurs ? Quels sens possède-t-il ? Quelle jouissance partage-t-elle avec eux ? Ce contrat permet-il de souligner quelques échanges symboliques ou polysémiques garants d’un lien même imaginaire ?

Les recherches de Françoise Héritier Anthropologue, ethnologue, portent sur la distinction masculin/féminin, universelle, avec la découverte que la supériorité du masculin sur le féminin elle aussi universelle. Elle a écrit plusieurs ouvrages dont « Les deux sœurs et leur mère ». Elle écrit : « Cette forme de contrat entre hommes, l’expérience ethnologique nous la montre partout à l’œuvre. Sous toutes les latitudes, dans des groupes très différents les uns des autres, nous voyons des hommes qui échangent des femmes, et non l’inverse. Nous ne voyons jamais des femmes qui échangent des hommes, ni non plus des groupes mixtes, hommes et femmes, qui échangent entre eux des hommes et des femmes. Non, seuls, les hommes ont ce droit, et ils l’ont partout. C’est ce qui me fait dire que la valence différentielle des sexes existait déjà dès le paléolithique, dès les débuts de l’humanité.»

Le secret permettrait-il de préserver l’unité contre les représailles parentales et serait-il la base des sentiments de solidarité adossé à l’idéal du moi et au moi-idéal ? Pourrait-il préparer l’élan du communautarisme ? Ma patiente était reconnue comme garçon manqué par ses parents. Protéger la « bêtise » ou la tendance antisociale d’un frère, rester à vie son complice, serait-ce une tentative d’identification par peur de l’abandon ? Le collage par l’impossible différentiation ? Le maintien dans l’asservissement de la pensée et des corps ?

Cet attachement ne pouvait pas ne pas m’évoquer l’attachement de ma patiente pour sa grand-mère dont elle évoque en ce moment la perte comme un déchirement indescriptible, comme risque d’effondrement. Feu cette grand-mère habitait dans la cour de la ferme familiale et  s’était occupée d’elle pendant toute son enfance. Elle a un an de moins que sa sœur et 2 ans d’écart avec son frère puiné.

« Chez la plupart des enfants, le comportement d’attachement à une figure préférée se développe au cours de la première année de la vie. Il semble probable qu’il y ait une période sensible au cours de cette année où le comportement d’attachement se développe plus facilement. » écrit Bowlby[5]. Ma patiente évoqua l’effondrement vécu au moment de la séparation avec un ami de son frère ainé, ami avec lequel elle avait vécu 7 ans. Elle soufra non pas de la séparation mais de la violence de l’abandon fraternel et d’un sentiment de culpabilité qui la dévora. Sans plus de nouvelles de lui, son frère l’ignora, dit-elle, pendant 5 ans. Suite à une nouvelle rencontre, le moment de remaniement subjectif à la naissance de sa fille ainée permit les retrouvailles avec ce frère idéalisé.

 Les incendiaires : Déplacer sur la scène politique ses pulsions ? Les passages à l’acte comme prothèse identitaire ? Etre vu à défaut d’être entendu. Une voiture brûlée n’est qu’un signe en absence de tout signifiant, en attente de métaphorisation.

 

Quand chaque individu connait aujourd’hui cette phase d’érosion et d’épuisement de soi, le psychanalyste pourrait-il trouver le courage de convertir ce que lui a appris la cure analytique en prenant place, par sa singularité, à l’élaboration d’une pensée concernant la cité ? Comment penser, tenter de mettre au travail, ces coups répétés, assénés, autrement que comme de micro-traumatismes propres à affaiblir notre raisonnement ou nos capacités critiques ? Une biopolitique selon Foucault qui asservit les corps[6]. Sur le thème des émotions collectives, des événements politiques en tant qu’ils supposent des mouvements de foules en lutte : le psychanalyste ne saurait il trouver sa place au moment où sont mis en question désordres sociaux, agitations politiques, insoumissions, insurrections, révoltes, révolutions, vacarmes, émeutes, ou  bouleversements en tous genres ? Je pense par exemple à l’acte psychanalytique en lieu et place de castration symboligène, posé par Fathi Benslama lors des attentats en France proposant de ne pas nommer les terroristes dans les médias.

Pourquoi les banlieues s’embrasent-elles ? Quels motions inconscientes pourraient soit favoriser l’embrasement, soit au contraire favoriser le vivre ensemble et la fraternité ? Quels plaisirs prend-t-on à brûler ?

En réponse à l’incendie de trois bibliothèques à Paris en 1871 par une foule qui s’en prend à des représentations des élites, Victor Hugo, de Bruxelles où il est en exil, écrivit le poème « À qui la faute ?[7] » : il s’adresse à cet incendiaire anonyme et l’apostrophe « Tu viens d’incendier la Bibliothèque ? Oui, j’ai mis le feu là ». Et il continue en lui montrant que les livres seuls pouvaient le tirer hors de sa misère et, en lui faisant côtoyer des hommes du verbe, extirper de lui le mal ; peine perdue, la chute est terrible, l’homme répond « Je ne sais pas lire ».

 

« D’où proviennent de telles vésanies sinon d’une valorisation intempestive des phénomènes subjectifs attribués au feu ? » questionne Gaston Bachelard en 1949[8].

Fabre substantialise d’ailleurs par le feu toutes les qualités de force, de courage, d’ardeur, de virilité : « Les femmes à cause de ce tempérament froid et humide sont moins fortes que les hommes, plus timides et moins courageuses, à cause que la force, le courage et l’action viennent du feu et de l’air, qui sont les éléments actifs; et partant les appelle-t-on mâles; et les autres éléments l’eau et la terre, éléments passifs et femelles.[9]»

C’est la revanche du petit sur le grand, du caché sur le manifeste. En tout cas la pensée du feu, plus que celle de tout autre principe, suit la pente de cette rêverie vers une puissance concentrée[10].

L’idéal fraternel agirait comme forme d’inconscient social[11]. « La constitution de ces « foules artificielles » qui constituent le socle du bâti social et dont Freud fournit la formule libidinale : « Une somme d’individus qui ont mis un seul et même objet à la place de leur idéal du moi, et se sont par conséquence dans leur moi, identifiés les uns aux autres. [12]»  Cette identification réciproque par quoi ils font lien, ce qui rend compte de l’esprit de corps, ne faut-il pas y voir la socialisation basique du lien fraternel ?

Ce n’est pas rien que l’on évoque la communauté chrétienne comme une famille, écrit Freud (Ouvrage cité) Tous frères.

La crise de confiance et la défiance envers les élites qui s’en suit ne peut-elle s’intensifier par une analyse stigmatisante des faits, et provoquer l’embrasement ? La lecture psychanalytique ou l’écoute des signaux dans leur complexité s’échappant de la société permettraient-elles de participer à l’élaboration de nouvelles politiques ?

Un reste inaudible du domaine de l’inconscient n’aurait le passage à l’acte comme seul moyen d’ex-pression.

Ce moment exotique de visite dans une famille. De la fureur de vivre à la rage d’en découdre. La vengeance ? La première véritable manifestation de violence a lieu durant l’été 1981.

Le président Mitterrand lors des émeutes des quartiers en 1981 aux Minguettes à Vénissieux :

fresques.ina.fr/mitterrand/fiche-media/Mitter00106/visite-de-francois-mitterrand-a-saint-etienne-et-aux-minguettes.html

Il est certain que les questions de réhabilitation, d’aménagements d’espaces verts  n’ont pas permis « l’équilibre ce ces quartiers » tant espéré.

6 octobre 1990 : Vaux-en-Velin.

http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01137/emeutes-a-vaulx-en-velin.html

Montée concomitante du FN et retour du discours colonial dans les politiques de la ville[13].

L’instrumentalisation-sublimation de la haine et les réseaux djihadistes. Un enjeu géopolitique ?

L’Iran joue avec le feu en critiquant les arrestations pour le Nouvel An

L’Iran a critiqué, lundi 4 janvier, l’arrestation par la police française de quelque 500 personnes durant la nuit de la Saint-Sylvestre, estimant qu’il s’agissait d’une « violation des droits de l’homme ». « Le comportement de la police française (…) constitue un exemple évident de violation des droits civiques, politiques, sociaux, économiques et culturels du peuple français », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères, ajoutant que « le gouvernement français devrait essayer d’identifier les causes des récents troubles ». Ces dernières semaines, la France a multiplié les critiques contre la répression des manifestations de l’opposition en Iran[14].

La place des médias, et des médias russes en particulier[15].  La publicité faites aux casseurs. L’information légitime dans une démocratie. L’utilisation politicienne du nombre de véhicules brûlés permettant en cas d’élections la critique du camp adverse. La prise en compte de nouvelles données géopolitiques. Une voiture brûlée est-elle égale à une voiture brûlée ? Brûler le jour de l’An est-ce identique que brûler le 14 juillet ? Brûler des voitures, brûler des livres ou brûler des écoles ?

L’indétermination même dont le français entoure la «chose», par quoi elle devient litote égrillarde (s’intéresser à la «chose»), ignorance angoissée («il se passe des choses»), étonnement demi-muet (de «grandes choses»), etc., n’indique aucun caractère douteux, fantomatique ou indécis ; au contraire, l’indétermination résulte d’une irréductible altérité, présence devinée mais jamais forcée, d’autant plus obsédante qu’elle ne s’abandonne pas à l’évidence[16].

[1] S. Freud, E Bleuler, Lettres 1904-1937, Lettre de Bleuler à Freud du 7.11.1912, Gallimard, 2016 / Bleuler est en train de prendre connaissance du travail préparatoire à Totem et tabou (1912)  « Je sais aussi de moins en moins ce qu’est la culture. Et encore moins comment les limitations et sublimations de la libido devraient se comporter face à la culture ? » PP.154 Il évoque au cours de cette lettre une autre lettre perdue et écrit : « Par libido, Freud entend les désirs sexuels et ceux qui sont nés d’une métamorphose de l’énergie sexuelle et ont pris une autre direction. »

[2] J. Lacan, Le sinthome / Séminaire XXIII / 16 mars 1976

[3] O. Douville, « Avant le transfert, le contact. » in Le transfert adolescent ? , ERES, 2002, pp.140

[4] M. Foucault, « Histoire de la sexualité ; », La volonté de savoir, Tel Gallimard, 1976, pp.133

[5]  .J. Bowlby, Attachement et perte, Paris, coll. « Le fil rouge », puf, 1999, tome I, p. 302.

[6] C. Breuillot, « Psychanalyse de l’écoute. » https://psychanalysebourgogne.wordpress.com/2016/09/08/dune-biololitique-qui-asservit-les-corps-de-leffacement-psychanalyse-de-lecoute/  / Congrès Analyse Freudienne, Paris 2016

[7]  V. Hugo, Poème http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/a_qui_la_faute.html

[8]  G. Bachelard, « Le feu sexualisé. » in LA PSYCHANALYSE DU FEU – Folio/Essais, 1992,  Première édition : 1949, Gallimard, pp.79

[9]  J-P. Fabre, L’Abrégé des secrets chimiques, Paris, 1636, p. 374-375

[10] G. Bachelard, Ibid pp.60

[11] P-L Assoun, Frères et Sœurs, Leçons de psychanalyse, 2ème édition, Anthropos, p87

[12] S. Freud, » Psychologie collective et analyse du moi. (1921)

[13] Le grand repli. (avec Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Ahmed Boubeker)

Institut du Monde Arabe, février 2016.https://www.youtube.com/watch?v=yogD3rsnlEQ

[14] http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/01/05/en-une-decennie-le-phenomene-des-voitures-brulees-s-est-etendu-et-banalise_1287638_3224.html

[15] http://www.france24.com/fr/20170213-video-peur-influence-medias-russes-presidentielle-2017-russia-today-sputnik-france-russie

[16] J. Allouch, « Note sur  « Raison et cause » en psychanalyse. » http://www.jeanallouch.com/pdf/179

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#maghreb / la #psychanalyse et l’#algérie / S. #Bellakhdar

8 Sep

 

[…] L’État de droit a été absent en Algérie avant, pendant et bien après la période de la colonisation qui s’est faite à partir d’une conquête extrêmement violente, qui a commencé en 1830 pour se terminer vers les années 1871, date de la dernière grande révolte dite « tribale ».

 

Tocqueville, député non favorable à l’extermination totale proposait à l’Assemblée nationale : « Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s’élever aucune ville dans le domaine d’Abd El Kader » [3][3]  A. de Tocqueville, Rapport sur le projet de loi relatif…. Il demandait également « de détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population. »  […]

 

https://www.cairn.info/revue-topique-2010-1-page-23.htm#no32

 

 

 

#society #policy / Why a cartel on #psychoanalysis in the city? Why an inter-associative cartel?

8 Sep

My first answer would be: should I have to justify myself again ?

Not that I’d be irritated, but I like to develop an offbeat thought, supported as much on my clinic experience that on psychoanalysis. The subjective attention that a psychoanalyst gives to the objects in his environment, can, under some conditions to be developped, become subjectifying. This attention would therefore have effects over the efficiency of its act. I define it as unconscious. On a treatment mode, the psychoanalyst, when analysing, would be left to freely associate …

Just as we never know what we convey, neither do we know why we pay attention to an object? Is this the result of our unconscious intelligence? How does it developed itself? Attention can be paid in very singular ways: out of neural fields, it is the fruit of numerous constructions / deconstructions, related on our readings, our meetings, our history … The attention becomes a-tension, or power up by insufficience, repetitions, movements, substitutions and facts of everyday life as other scene, according the primacy to the unconscious and its formations. Could we grasp the signifiers involved in the development of a particular symptom? Are really Islamism and its so-called radicalization the very issue of the terrorist attacks in France? I believe that to mention the term radicalization leads us on a debilitating fast-thinking path, radicalizing our thoughts, clogging it, … With illusion and manipulation of public opinion, the word « radicalization » communitises and divides, when there is a substantive debate around the violence in our today’s society. A radical society that tends every day to strengthen the hold of technocracy and desubjectivation by fear and constraint.

Take part in the intellectual debate? Create a « clinic of speech »? This cartel may experience it. Many psychoanalysts since Freud have tried to enlighten with acts the messages sent by the umwelt, leaving their own path viewing position to become witnesses. If this position can not be defined without relying on literature, anthropology …, it is supported by psychoanalysis and therefore carries its singularity not as universal, but as being-in-the-world. Would therefore the psychoanalyst possess a third ear, different from those that he uses in his office to listen to the social field? I do not think so. The clinic often allows us to develop a political thought (to my thinking, inseparables), a thought on the world based on facts, that remain unknown to the patient, and could be, consciously or not, participating in our style. In the social, it would allow the emergence of a function of the significant:

[…] The significant, in opposition to the sign, is not representing something to someone, but is precisely what represents the subject to another significant. My dog is on the lookout for my signs and then she speaks, as you know; why is it that its talk is not a language?

Precisely because, for my dog, I am something that can give signs, but can not give a significant.

The distinction of the word, as it may exist at preverbal level, and language consists precisely in the emergence of the function of the signifier. […]

 

This cartel tends to allow joint work on the basis of the cure as praxis, to think the social. It vectorizes the developing of psychoanalysts from different backgrounds. Roland Gori emphasizes as Ferenczi and Winnicott could become the men of vision of a totalitarian culture that feeds on hatred by forcing individuals to comply with requirements. Bion’s theory can be of greatest interest.

If the unconscious is politics, then would our nosology be of any relief to hear and find our place in the social? I mean with politics the whole of everyday objects such as statements, speeches that pass through the subject continuously, through channels increasingly elaborate often escaping to consciousness. If the function of the psychoanalyst is precisely to hear the parlêtre beyond his speech, it is likely that he can listen the speeches beyond the statements. As Colette Soler wrote « It is clear that by calling the regulation “speech”, or rather regulations, in the plural, because there are more than one, which order social cohesion, Lacan came out of the inner circle of individual treatment, and faced himself with the matter of the collective ». At risk of sometimes having to cope with shrugs, denunciation or prosecution.

The subjective dimension of the social fact will always remain half-said.

 

Claude Breuillot

psicoanalist Analyse Freudienne @anfreudienne

twitter: @clbr71

 

D’une #biololitique qui asservit les corps ? De l’effacement…#psychanalyse de l’écoute…

8 Sep

Pointer les oreilles vers le ciel…et après ?

 

Mon exposé d’aujourd’hui ne sera pas forcément disruptif. Mot extrait du flot continu d’information, anglicisme, néologisme, provenant du mot disruptivity alliant, dans le concert bon enfant de la bienveillance contemporaine, la fraîcheur de la séparation ou de la dispersion avec la force de l’innovation de la rupture. Non, il ne s’agit pas d’un nouveau slogan publicitaire. Plutôt le support pressé d’une ingénierie managériale prônant l’oubli, l’effacement de l’Histoire des peuples et de celle, croisée, des individus. Un savant laminoir tentant l’achèvement dès l’école maternelle des capacités de symbolisation et de subjectivation. Comment penser, tenter de mettre au travail, ces coups répétés, assénés, autrement que comme de micro-traumatismes propres à affaiblir notre raisonnement ou nos capacités critiques ? Une biopolitique qui asservit les corps. On connaissait l’anaclitisme comme réponse à un impossible de la nécessaire fusion primaire. La clinique de l’abandon peut-elle ne pas étayer celle de l’abandon dans le social ? Chez les enfants séparés, Lacan lors d’une discussion avec Jenny Aubry pouvait évoquer l’étude du langage des enfants, de nature à élucider la structure de leurs relations sous son aspect le plus profond et décisif[1].

Ce discours issu du merchandising, à quoi ça mène ? Le savoir, ce n’est pas de savoir ce que l’Autre sait, c’est de savoir ce qu’il veut, à savoir avec sa forme, sa forme en-forme de a, qui s’ébauche tout à fait autrement que dans un miroir, mais par une exploration à peine effleurée d’ailleurs de la perversion, qui nous fait dire que cette topologie qui se dessine et que précise à de bien autres niveaux que des expériences pathologiques, l’avancée du savoir, qu’est-ce que ça veut ? A quoi ça mène ? ( Ce n’est pas tout à fait d’ailleurs la même chose [2]).

On en trouve la trace dès la première page de Google : « A Year Of Retail Disruption. », que l’on peut traduire par « Une année de perturbation. » « Technology will continue to make it easier and MORE FUN to shop. », la technologie continuera de rendre plus faciles et plus amusants vos achats. Elle imprègne dès maintanant le cerveau d’enfants de 2 ans, qui doivent, dès la maternelle apprendre le code, poussés par des enseignants aguerris en ESPE[3], aux pratiques des capsules et autres engins spatiaux issus des sciences dites de l’information qui – ne constatons nous-pas ? – occasionneront, si nous ne changeons pas de paradigme, des symptômes.

Dans ce monde-là, quelle place pour une écoute du sujet de l’inconscient ? Notre société développe pourtant, par des levées de fonds toujours plus exagérées, des trésors d’attention, pour une plus-value inversement proportionnelle au développement des individus. Les radiotélescopes pointent leurs oreilles géantes vers le ciel afin de capter le moindre signe de vie. Cette recherche alimente l’imaginaire[4]. On peut lire : « La sonde Juno de la Nasa a réussi à se mettre en orbite autour de Jupiter, dont elle doit percer les mystères. En attendant, L’Express vous propose d’écouter les « chants » magnétiques de la géante gazeuse. » On nous invite à rêver aux doux chants des criquets.

Inversement, les signes de souffrance et la psychopathologie des liens dans les institutions n’ont peut-être  jamais été autant assourdis, ignorés, forclos, ne sont peut-être jamais autant restés lettre morte dans notre modernité..

Remuer la queue: Signe ou signifiant ?

[…] Le signifiant, à l’envers du signe, n’est pas ce qui représente quelque chose pour quelqu’un, c’est ce qui représente précisément le sujet pour un autre signifiant. Ma chienne est en quête de mes signes et puis elle parle, comme vous le savez; pourquoi est-ce que son parler n’est pas un langage ?

Parce que justement je suis pour elle quelque chose qui peut lui donner des signes, mais qui ne peut pas lui donner de signifiant.

La distinction de la parole, comme elle peut exister au niveau préverbal, et du langage consiste justement dans une émergence de la fonction du signifiant[5]. […]

Tout dépend :

1) du sujet auquel appartient l’appendice caudal,

2) de l’état de réceptivité de l’allocutaire.

 

« L’histoire d’une folie, d’une névrose ne se réduit pas à celle d’un ratage individuel, c’est d’abord le témoignage d’un Sujet qui est en attente, en souffrance, porté par celui qu’on ne peut récuser sous prétexte que ce témoignage est maladroit, obscur, et prend parfois les formes du scandale et de l’horreur. » écrit Jean Clavreul[6].

Quelles sont les opérations nécessaires pour que du sujet puisse se produire au lieu du grand Autre qui lui préexiste ?

Comment quelqu’un advient-il au lieu du sujet ? La pulsion invocante se limiterait-elle à la sphère de l’infans ? L’institution scolaire, l’hôpital, l’entreprise resteraient-elles sourdes à reconnaître un sujet en place de collaborateur, de patient, d’élève ?

[1] Aubry, J. « Psychanalyse des enfants séparés », Denoêl, 2003, pp.93

[2] Lacan, J. « séminaire XVI : D’un Autre à l’autre. » , Séance du 7 mai 1969

[3] ESPE : Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education

[4] SON. Les « criquets extraterrestres » de Jupiter capturés pour la première fois in L’Express du 5.07.2016

[5] Lacan, J. «  Séminaire IX: L’identification », séance du 6.12.1961

[6] Clavreul, J. « Loi, Ethique et Psychanalyse. », Hermann, 2014, p. 41

 

 

Texte en préparation en vue de congrès des 1er et 2 octobre à Paris

Analyse Freudienne @anfreudienne

De l’effacement de l’Histoire des peuples et de celle, croisée, des individus…

7 Sep

« Ce qui est rejeté du symbolique, reparait dans le réel. Telle est la clé de ce qu’on appelle le symptôme. Le symptôme, c’est le nœud réel où est la vérité du sujet.[1] »

 

Pointer les oreilles vers le ciel…

 

Mon exposé d’aujourd’hui ne sera pas forcément disruptif. Mot extrait du flot continu d’information, anglicisme, néologisme, provenant du mot disruptivity alliant, dans le concert bon enfant de la bienveillance contemporaine, la fraîcheur de la séparation ou de la dispersion avec la force de l’innovation de la rupture. Non, il ne s’agit pas d’un nouveau slogan publicitaire. Plutôt le support pressé d’une ingénierie managériale prônant l’oubli, l’effacement de l’Histoire des peuples et de celle, croisée, des individus. Un savant laminoir tentant l’achèvement dès l’école maternelle des capacités de symbolisation et de subjectivation. Comment penser, tenter de mettre au travail, ces coups répétés, assénés, autrement que comme de micro-traumatismes propres à affaiblir notre raisonnement ou nos capacités critiques ? On connaissait l’anaclitisme comme réponse à un impossible de la nécessaire fusion primaire. La clinique de l’abandon peut-elle ne pas étayer celle de l’abandon dans le social ? Chez les enfants séparés, Lacan lors d’une discussion avec Jenny Aubry pouvait évoquer l’étude du langage des enfants, de nature à élucider la structure de leurs relations sous son aspect le plus profond et décisif[2].

Ce discours issu du merchandising, à quoi ça mène ? Le savoir, ce n’est pas de savoir ce que l’Autre sait, c’est de savoir ce qu’il veut, à savoir avec sa forme, sa forme en-forme de a, qui s’ébauche tout à fait autrement que dans un miroir, mais par une exploration à peine effleurée d’ailleurs de la perversion, qui nous fait dire que cette topologie qui se dessine et que précise à de bien autres niveaux que des expériences pathologiques, l’avancée du savoir, qu’est-ce que ça veut ? A quoi ça mène ? ( Ce n’est pas tout à fait d’ailleurs la même chose [3]).

On en trouve la trace dès la première page de Google : « A Year Of Retail Disruption. », que l’on peut traduire par « Une année de perturbation. » « Technology will continue to make it easier and MORE FUN to shop. », la technologie continuera de rendre plus faciles et plus amusants vos achats. Elle imprègne dès maintanant le cerveau d’enfants de 2 ans, qui doivent, dès la maternelle apprendre le code, poussés par des enseignants aguerris en ESPE[4], aux pratiques des capsules et autres engins spatiaux issus des sciences dites de l’information qui – ne constatons nous-pas ? – occasionneront, si nous ne changeons pas de paradigme, des symptômes.

Dans ce monde-là, quelle place pour une écoute du sujet de l’inconscient ? Notre société développe pourtant, par des levées de fonds toujours plus exagérées, des trésors d’attention, pour une plus-value inversement proportionnelle au développement des individus. Les radiotélescopes pointent leurs oreilles géantes vers le ciel afin de capter le moindre signe de vie. Cette recherche alimente l’imaginaire[5]. On peut lire : « La sonde Juno de la Nasa a réussi à se mettre en orbite autour de Jupiter, dont elle doit percer les mystères. En attendant, L’Express vous propose d’écouter les « chants » magnétiques de la géante gazeuse. » On nous invite à rêver aux doux chants des criquets.

Inversement, les signes de souffrance et la psychopathologie des liens dans les institutions n’ont peut-être  jamais été autant assourdis, ignorés, forclos, ne sont peut-être jamais autant restés lettre morte dans notre modernité..

Remuer la queue: Signe ou signifiant ?

[…] Le signifiant, à l’envers du signe, n’est pas ce qui représente quelque chose pour quelqu’un, c’est ce qui représente précisément le sujet pour un autre signifiant. Ma chienne est en quête de mes signes et puis elle parle, comme vous le savez; pourquoi est-ce que son parler n’est pas un langage ?

Parce que justement je suis pour elle quelque chose qui peut lui donner des signes, mais qui ne peut pas lui donner de signifiant.

La distinction de la parole, comme elle peut exister au niveau préverbal, et du langage consiste justement dans une émergence de la fonction du signifiant[6]. […]

Tout dépend :

1) du sujet auquel appartient l’appendice caudal,

2) de l’état de réceptivité de l’allocutaire.

 

« L’histoire d’une folie, d’une névrose ne se réduit pas à celle d’un ratage individuel, c’est d’abord le témoignage d’un Sujet qui est en attente, en souffrance, porté par celui qu’on ne peut récuser sous prétexte que ce témoignage est maladroit, obscur, et prend parfois les formes du scandale et de l’horreur. » écrit Jean Clavreul[7].

Quelles sont les opérations nécessaires pour que du sujet puisse se produire au lieu du grand Autre qui lui préexiste ?

Comment quelqu’un advient-il au lieu du sujet ? La pulsion invocante se limiterait-elle à la sphère de l’infans ? L’institution scolaire, l’hôpital, l’entreprise resteraient-elles sourdes à reconnaître un sujet en place de collaborateur, de patient, d’élève ?

 

[1] Lacan, J. « séminaire XV : L’acte psychanalytique. », 1967-1968

[2] Aubry, J. « Psychanalyse des enfants séparés », Denoêl, 2003, pp.93

[3] Lacan, J. « séminaire XVI : D’un Autre à l’autre. » , Séance du 7 mai 1969

[4] ESPE : Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education

[5] SON. Les « criquets extraterrestres » de Jupiter capturés pour la première fois in L’Express du 5.07.2016

[6] Lacan, J. «  Séminaire IX: L’identification », séance du 6.12.1961

[7] Clavreul, J. « Loi, Ethique et Psychanalyse. », Hermann, 2014, p. 41

#LoiTravail #ReformaLaboral / #disruptivity #disruption #disruptivité /

6 Sep

Pointer les oreilles vers le ciel…

 

Mon exposé d’aujourd’hui ne sera pas forcément disruptif. Mot extrait du flot continu d’information, anglicisme, néologisme, provenant du mot disruptivity alliant, dans le concert bon enfant de la bienveillance contemporaine, la fraîcheur de la séparation ou de la dispersion avec la force de l’innovation de la rupture. Non, il ne s’agit pas d’un nouveau slogan publicitaire. Plutôt le support pressé d’une ingénierie managériale prônant l’oubli, l’effacement de l’Histoire des peuples et de celle, croisée, des individus. Un savant laminoir tentant l’achèvement dès l’école maternelle des capacités de symbolisation et de subjectivation. Comment penser, tenter de mettre au travail, ces coups répétés, assénés, autrement que comme de micro-traumatismes propres à affaiblir notre raisonnement ou nos capacités critiques ? On connaissait l’anaclitisme. Ce discours issu du merchandising, à quoi ça mène ? Le savoir, ce n’est pas de savoir ce que l’Autre sait, c’est de savoir ce qu’il veut, à savoir avec sa forme, sa forme en-forme de a, qui s’ébauche tout à fait autrement que dans un miroir, mais par une exploration à peine effleurée d’ailleurs de la perversion, qui nous fait dire que cette topologie qui se dessine et que précise à de bien autres niveaux que des expériences pathologiques, l’avancée du savoir, qu’est-ce que ça veut ? A quoi ça mène ? ( Ce n’est pas tout à fait d’ailleurs la même chose [1]).

[1] Lacan, J. « séminaire XVI : D’un Autre à l’autre. » , Séance du 7 mai 1969

Ce discours, on en trouve la trace dès la première page de Google : « A Year Of Retail Disruption. », que l’on peut traduire par « Une année de perturbation. » « Technology will continue to make it easier and MORE FUN to shop. », la technologie continuera de rendre plus faciles et plus amusants vos achats. Elle imprègne dès maintanant le cerveau d’enfants de 2 ans, qui doivent, dès la maternelle apprendre le code, poussés par des enseignants aguerris en ESPE[1], aux pratiques des capsules et autres engins spatiaux issus des sciences dites de l’information qui – ne constatons nous-pas ? – occasionneront, si nous ne changeons pas de paradigme, des symptômes.

Dans ce monde-là, quelle place pour une écoute du sujet de l’inconscient ? Notre société développe pourtant, par des levées de fonds toujours plus exagérées, des trésors d’attention, pour une plus-value inversement proportionnelle au développement des individus. Les radiotélescopes pointent leurs oreilles géantes vers le ciel afin de capter le moindre signe de vie. Cette recherche alimente l’imaginaire[2]. On peut lire : « La sonde Juno de la Nasa a réussi à se mettre en orbite autour de Jupiter, dont elle doit percer les mystères. En attendant, L’Express vous propose d’écouter les « chants » magnétiques de la géante gazeuse. »

Inversement, les signes de souffrance et la psychopathologie des liens dans les institutions n’ont peut-être  jamais été autant assourdis, ignorés, forclos.

Remuer la queue: Signe ou signifiant ?

[…] Le signifiant, à l’envers du signe, n’est pas ce qui représente quelque chose pour quelqu’un, c’est ce qui représente précisément le sujet pour un autre signifiant. Ma chienne est en quête de mes signes et puis elle parle, comme vous le savez; pourquoi est-ce que son parler n’est pas un langage ?

Parce que justement je suis pour elle quelque chose qui peut lui donner des signes, mais qui ne peut pas lui donner de signifiant.

La distinction de la parole, comme elle peut exister au niveau préverbal, et du langage consiste justement dans une émergence de la fonction du signifiant[3]. […]

Tout dépend :

1) du sujet auquel appartient l’appendice caudal,

2) de l’état de réceptivité de l’allocutaire.

chien

Extrait de ma participation au Congrès Paris Analyse Freudienne / 1er et 2 octobre 2016

Claude Breuillot, psychanalyse AF Bourgogne

twitter: @clbr71

 

[1] ESPE : Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education

[2] SON. Les « criquets extraterrestres » de Jupiter capturés pour la première fois in L’Express du 5.07.2016

[3] Lacan, J. «  Séminaire: L’identification », séance du 6.12.1961