Séminaire de #Psychanalyse avec les enfants et les adolescents. Mardi 16 juin par ZOOM.

11 Juin

Mardi 16 juin à 20h30 PAR ZOOM.
S’adresser à Claude Breuillot pour recevoir les codes.
cbreuillot@gmail.com

Association Analyse Freudienne.

Intervention de Robert Lévy Psychanalyste A.F. #Paris

« Trois occurrences d’amour parental pathologique ? »

#Lyon Séminaire Analyse Freudienne #Enfants #Adolescents mardi 19 mardi 20h30 par Zoom

14 Mai

#Université #Education #Recherche ➡️ Contre le #Management et la #bureaucratie

1 Mai

« Nous, chercheurs, voulons défendre l’autonomie de la recherche et des formations »


Tribune : Le Monde Publié le 20 janvier 2020

Face à une gestion de type « managérial », il faut renouer avec le principe de la « liberté des savants », estiment, dans une tribune au « Monde », plus de 2 700 universitaires, qui présentent, collectivement, leur candidature à la direction de l’autorité d’évaluation de la recherche publique.

C’est peu de dire que les réformes de notre système de recherche menées depuis quinze ans au nom de l’excellence n’ont pas eu l’effet escompté. Ambitionnant de renforcer le statut de puissance scientifique de la France, elles n’ont mené qu’au décrochage de la part française des publications mondiales, l’indicateur de performance choisi par les réformateurs eux-mêmes.

Il n’y a pas à s’étonner : l’évaluation statistique des politiques publiques montre que la quantité de publications scientifiques est proportionnelle à l’argent investi dans la recherche, mais qu’elle est pratiquement insensible aux réformes structurelles. Or, pendant ces quinze années, l’effort financier s’est focalisé sur une niche fiscale, le crédit d’impôt recherche (CIR), destiné à contourner l’interdiction européenne des aides publiques directes aux entreprises. L’évaluation faite par France Stratégie [le centre de réflexion économique et sociale rattaché à Matignon] de son intérêt pour la recherche est sans appel : son effet de levier sur l’investissement privé est… négatif.« Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique »

Les réorganisations de l’université et de la recherche ont aussi des effets systémiques profonds, mais qui ne sont observables que si l’on s’intéresse au savoir produit et transmis plutôt qu’au dénombrement.

Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique, dont les multiples scandales concernant des fraudes ne sont que la partie apparente. Cette crise institutionnelle du monde savant est d’autant plus dramatique qu’elle survient dans une phase de crise sociale, climatique et démocratique dont la résolution passe par la production, la transmission, la critique et la conservation des savoirs.
Liberté académique

Parce qu’elle se fonde sur la poursuite de la vérité comme horizon commun, la science suppose l’autonomie des savants, chercheurs et universitaires vis-à-vis des pouvoirs dont son exercice dépend, qu’ils soient politiques, économiques ou religieux. Cette liberté académique ne doit pas être pensée comme une absence d’entraves, mais comme une liberté positive, garantie par des moyens effectifs. Le sursaut passe par la réaffirmation des conditions pratiques de cette autonomie.

La première condition est budgétaire : pour encourager l’inventivité et la création, il est indispensable de doter la recherche de financements récurrents, en rupture avec le formatage bureaucratique de la science par des « appels à projets » court-termistes, qui encouragent le conformisme et la recherche incrémentale [processus de recherche où maturent progressivement des éléments d’explication].
Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La baisse du crédit d’impôt recherche risque d’augmenter le non-recours des plus petites entreprises »

La deuxième condition tient à cette autre ressource préalable à la recherche : le temps. Pour maintenir la biodiversité nécessaire à un écosystème de recherche florissant, il est nécessaire de garantir statutairement la possibilité du temps long. La sélection spencérienne [inspirée des idées du philosophe anglais Herbert Spencer (1820-1903), partisan du darwinisme social] promue en haut lieu, faite de fragmentation et de contractualisation généralisée des statuts, tue cette diversité et entretient la crise qualitative. La solution passe par un recrutement de qualité lié à des postes pérennes, condition de l’attractivité pour les jeunes chercheurs comme pour les personnels techniques, de façon à irriguer sans cesse le système d’idées et d’aspirations nouvelles.


Lire aussi « Le darwinisme social appliqué à la recherche est une absurdité »

La troisième condition est de réduire la division du travail savant, ce qui exclut la séparation entre des manageurs de la recherche exerçant le pouvoir et des chercheurs et universitaires dépossédés et devenus de simples exécutants, séparation qui constitue la définition stricte d’une bureaucratie. Il est indispensable de procéder à un audit des structures empilées depuis quinze ans et au chiffrage de leur coût de fonctionnement, afin de libérer des moyens en supprimant des strates inutiles, voire nuisibles.« L’autonomie du monde savant nécessite enfin de réinstituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines »

Sur le plan des pratiques, l’exigence et l’originalité des travaux scientifiques sont garanties depuis des siècles par une norme, celle de la controverse collégiale (la disputatio des classiques) : la discussion contradictoire et libre au sein de la communauté des pairs. Ce principe de gratification sociale fondée sur la reconnaissance de la valeur intellectuelle des travaux est irréductible à une « évaluation » managériale dont les fondements reposent sur un système de normes quantitatives externes, déterminées par les intérêts d’investisseurs : toute métrique normative cesse vite d’être une simple mesure pour devenir elle-même l’objectif à atteindre. Obligation doit donc être faite à tout comité de suivi, de recrutement ou de promotion de baser ses délibérations sur la lecture des travaux, et non sur l’évaluation quantitative. Pour que ce soit faisable et probant, le nombre de travaux soumis à examen doit être limité drastiquement.

L’autonomie du monde savant nécessite enfin de réinstituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines. Il est urgent de restituer aux communautés de chercheurs le contrôle des revues scientifiques, et de destituer l’oligopole de l’édition sur lequel se fondent techniquement et économiquement les politiques d’évaluation actuelles.

Pour procéder à ces réformes, nous nous portons candidats à la présidence de l’institution chargée de définir les normes et les procédures qui régulent, organisent et déterminent la production savante : le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Notre candidature collective vise à renouer avec les principes d’autonomie et de responsabilité des savants qui fondent la science. Il ne saurait y avoir d’administration distincte dotée d’un « président » pour superviser ces pratiques : c’est l’ensemble du corps savant qui doit présider à l’évaluation qualitative de sa production. Sans recherche autonome, nous n’avons pas d’avenir.

#Education #covid19 Coro-Nation et #confinement de la pensée ? #Lacan #psychanalyse #science #médecine

30 Avr

Loisy le 30.04.2020

 

De l’absolutisme à l’ab-solution finale ?

 

Certains écrits ou dits de Lacan sont particulièrement décapants. J’ai retrouvé celui-ci : « Messieurs les nazis, vous pourriez leur en avoir une reconnaissance considérable, ont été des précurseurs et ont d’ailleurs eu tout de suite, un peu plus à l’Est, des imitateurs, pour ce qui est de concentrer les gens – c’est la rançon de cette universalisation pour autant qu’elle ne résulte que du progrès du sujet de la science.

 

C’est précisément en tant que vous êtes psychiatres que vous pourriez avoir quelque chose à dire sur les effets de la ségrégation, sur le sens véritable que ça a. Parce que de savoir comment les choses se produisent ça permet très certainement de leur donner une forme différente, d’une lancée moins brutale et si vous le voulez plus consciente, que si on ne sait pas à quoi l’on cède, vôtre… ce que vous représentez si je puis dire dans l’histoire, et comme les choses vont vite, ce qu’on verra très vite, je sais pas, peut-être dans une petite trentaine ou cinquantaine d’années, c’est qu’il y avait déjà, autrefois, quelque chose qui s’appelait le corps des psychiatres et qui se trouvait dans une position analogue à ce qu’il faudra bien alors inventer pour comprendre ce dont il s’agira dans les remuements qui vont se produire et à des niveaux sur lesquels vous pouvez compter, qui seront planétaires, dans ce qui se produira au niveau de ces initiatives constituant une nouvelle répartition [interhumaine] et qui s’appellera : l’effet de ségrégation. À ce moment-là l’historien dira : mon Dieu, les chers psychiatres, en effet, nous donnent un petit modèle de ce qui aurait pu être fait à ce moment-là comme cogitation qui aurait pu nous servir, mais à la vérité ils ne nous l’ont pas donné, parce qu’à ce moment-là ils dormaient, ils dormaient pourquoi ? Mon Dieu, parce qu’ils n’ont jamais vu bien clairement de quoi il s’agissait dans leur rapport à la folie à partir d’une certaine période ; ils ne l’ont pas vu, Dieu sait pourquoi, dira-t-on, ils ne l’ont pas vu justement parce qu’ils avaient le moyen de le voir. Simplement parce que la psychanalyse était là et que la psychanalyse c’est trop difficile. C’est trop difficile pourquoi ? Parce que la psychanalyse ils en ont fait après tout quelque chose que nous pourrons appeler plutôt un moyen d’accession sociale. [1]»

 

 

 

La coronation comme signifiant, est un terme utilisé en anglais qui signifie la cérémonie du couronnement, un temps de sacralisation. Il est également le nom d’un glacier sur l’île de Baffin au Canada ou le nom donné à un cheval de course. Par glissement, que la psychanalyse peut-elle dire de cet état d’infection généralisée ? Nous ne prétendons pas « réduire une expérience comme celle de l’inconscient à la référence de deux, trois, voire quatre modèles dits sociologiques [2]» mais plutôt d’essayer d’élaborer une réflexion éthique concernant la préservation d’une relation salubre du désir à cet acte.[3] » Pour autant qu’il y ait un séminaire qui porte son nom, existe-t-il une éthique de la psychanalyse ? Quant à la place de l’éthique dans la politique voire dans la Nation, elle reste à questionner. Chaque analyste invente sa pratique et sa façon de pratiquer l’analyse. Chez Lacan trois ou quatre valeurs du Réel, et, selon nous, de multiples représentation du Réel politique…La difficulté de toute écoute flottante, c’est de trouver la ligne de flottaison au risque du chavirage.

Différents signifiants sont portés par les Discours ambiants. Prenons la distanciation sociale, légitimée clairement par le risque de contagion et de prolifération du virus. Édouard Philippe a préféré lors de son dernier discours du mardi 28 avril l’expression : « distanciation physique ». L’anthropologue américain E. T. Hall[4], en référence aux questions de l’intime en relation aux travaux de Palo Alto l’a développée et l’appelle : la proxémie serait selon lui tel un langage silencieux régi par la culture, la variété de contextes. Nous restons sur notre faim concernant la place des processus inconscients. Le management s’est emparé du concept issu de l’analyse transactionnelle. « C’est précisément parce que la proxémique est une référence d’usage courant dans la recherche en matière d’approche des phénomènes du langage silencieux que le management interculturel a admis sans plus de précautions un certain nombre de ses présupposés.[5] » Gérer la distance reste un enjeu politique et économique que nous entendons surgir par l’empressement de la mise en place du télétravail.

D’autres contagions plus indicibles peuvent passer sous la barre. Nous entendons les effets d’une distanciation sémantique par la mise à l’écart des qualificatifs « physique » ou « corporel » ; une mise à distance du corps, l’écartement, l’éloignement, l’arrachement, l’abduction qui ne peut ne pas s’imprimer dans l’inconscient en produisant désunion, séparation, fantasmes d’abandon et effondrement psychique chez les plus vulnérables psychiquement…. Nous pouvons en reconnaître les traces notamment au travers des changements dans les conduites alimentaires, les troubles du sommeil, la perte de repères spatiaux ou temporels, une chute de l’intérêt vital, l’alexithymie, les affects anxiodépressifs, l’exacerbation de motions persécutrices menant à des tableaux paranoïdes…La contrainte des corps par une contention qui limite les mouvements moteurs peuvent provoquer par déplacement métaphorique ou métonymique de multiples troubles. Quelle place pour le désir entamé par l’angoisse ? Ces vis-à-vis, ces huis-clos induisent une tension psychique qui peut notamment aggraver la contagion mentale et les délires à deux. Nous relisons ce cas de 1931, relaté par Lacan[6], lors de ses présentations de malades : « Ils diffèrent [Ces cas de délire à deux] en cela de la doctrine classique qui insiste sur la contagion mentale, en se fondant sur les cas où l’on peut discerner nettement d’un délire inducteur un délire induit qui se stérilise dès qu’il est éloigné du premier. » Au sujet de la mère : « La mère (Marie-Joséphine), 70 ans. Syndrome interprétatif avec paroxysmes anxieux. Hallucinations auditives à caractère onirique et à prédominance hypnagogique. Éléments visuels de type sensiblement confusionnel. Persistance, variable au cours de l’évolution, d’éléments délirants post-oniriques. » Des symptômes confusionnels que l’on retrouve dans l’actuel de la clinique. Du côté de la fille : « La fille (Marguerite-Marie), 35 ans employée au Crédit Lyonnais. Elle est plus particulièrement aigrie contre ses collègues de bureau. Illusions auditives : discordance manifeste entre leur contenu et la signification allusive qu’elle leur attribue. Activité intellectuelle autistique.

Affectivité prévalente à l’égard de sa mère. Mais, dans leur vie commune, révélation de bizarreries de la conduite, de despotisme exercé par la fille avec brutalités épisodiques. »

 

Dans le cadre des débats qui animent actuellement la société concernant le coronavirus, « les représentants des intérêts peuvent d’une part offrir de l’information, du fait de la technicité croissante de la profession, et d’autre part légitimer les décisions en matière de politiques publiques.[7] » Comment ne pas « rester captif de l’illusion totalisante d’une unité de son moi ?[8] »

« […] La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)

Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :

On n’en voyait point d’occupés

À chercher le soutien d’une mourante vie ;

Nul mets n’excitait leur envie ;

Ni Loups ni Renards n’épiaient

La douce et l’innocente proie. […] [9]»

 

Lacan nomme « aliénation la plus profonde », cette place réservée au sujet par la civilisation scientifique. Nous assimilerons cette formation à la contamination et à la construction de son consentement[10]. « Ça veut dire que quelque chose qui est d’abord un phénomène social, une mutation de la culture, le développement de la science, et sans doute surtout la façon dont elle se diffuse, dont elle est reçue, l’idéologie de la science, la politique de la science, ou comme nous disons parfois le discours de la science, eh bien, ce discours de la science, cela a des effets pathologiques que l’analyste peut interroger, et peut interroger exactement au même titre que les effets de la psychose ou de la névrose[11]. » Or le psychotique ou prépsychotique, n’ayant pas traversé les temps du miroir, n’ayant de fait pas symbolisé la dimension de la loi, les Noms-du père, ne peut-il se mouvoir autrement que errant, désarrimé, particule parlée plus qu’elle ne parle. Des signifiants circulent et il ne sait auquel se raccrocher.

Il est des substitutions imperceptibles du domaine de l’homophonie et de l’homonymie qui ne sont pas du domaine de la contamination ou de la contagion linguistique. Nous essaierons de suivre la pensée démystificatrice de Barthes, de saisir comment il cherche les mythes, d’après quels indices il isole des objets culturels contaminés d’un sens connoté. Chez lui, c’est une activité de critique autant que de chasseur, de détective… ou de romancier, qui s’occupent tous à lire le réel.[12]

Avec la contrainte, la dépendance légitimée, le huis-clos, voici venir le temps des jouissances inavouables, des petits plaisirs à 2,3,4 ; des « On se dit tout » et « On se montre tout » dans la moiteur des espaces privés d’intimité ! Ça sent l’inceste et les passages à l’acte…  « Tout le développement, je l’indique tout de suite, de la psychanalyse, va à le confirmer de façon de plus en plus lourde, tout en le soulignant de moins en moins. Je veux dire que tout ce qui se développe au niveau de l’inter-psychologie enfant-mère, et qu’on exprime si mal dans les catégories dites de la frustration, de la gratification, et de la dépendance, de tout ce que vous voudrez, n’est qu’un immense développement du caractère essentiel, fondamental, de la Chose maternelle, de la mère, en tant qu’elle occupe la place de cette Chose, de das Ding. Tout le monde sait que le corrélatif en est ce désir de l’inceste qui est la grande trouvaille de Freud. [13]»

Au-delà des énoncés, au risque de se retrouver confiné aux pensées d’éditoriaux lénifiants, la recherche est souvent épineuse pour sortir des propos soporifiques de par leur répétition. « Je parle du désir : c’est pas toujours le désir de ses parents, ça peut être celui de ses grands-parents, mais si le désir dont il est né est le désir d’une canaille, c’est une canaille immanquablement. [14]» Nous découvrions alors un autre champ de signifiants lié à la misère, à la déroute boursière et à l’afflux de réfugiés : la situation au Liban. « Des centaines de Libanais ont bravé les règles de confinement ce dimanche soir pour protester contre la détérioration de leurs conditions de vie. L’épidémie de coronavirus paralyse le pays et exacerbe la crise économique sans précédent qui touche le Liban depuis plusieurs mois. Dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la ville du Nord, à Tripoli, les mêmes cris de colère ont résonné dans les rues, malgré le couvre-feu en vigueur.[15] »

 

Pour ce qui concerne l’école, rare sont ceux qui oseront dépasser la vision manichéenne selon laquelle on éduque un enfant comme on débouche un évier : grâce à un tutoriel. Le décrochage énorme est au rendez-vous malgré la communication du ministre de l’Éducation Nationale évoquant les 5 % de jeunes[16] ne donnant aucune nouvelle à leurs professeurs. Nos statistiques personnelles, au un par un, émanant d’analysants non représentatifs de la situation nationale, seraient de 20 à 60 % dès le primaire, dont une large part en lycée professionnel. Des différences également de la seconde à la terminale, en fonction des enjeux. Dans le viseur, la fracture numérique pendant que les actions en bourse des valeurs correspondantes Telecom, valeurs pharmaceutiques, laboratoires…pourront augmenter de 500 %. « Biomerieux continue de bénéficier de l’engouement des investisseurs pour les acteurs du diagnostic du coronavirus.[17] » Le gouvernement prévenant l’incompréhension à venir des citoyens demande aux entreprises de limiter les dividendes aux actionnaires.

Est-ce un hasard ? À la suite du principe de précaution, la distance de précaution n’a aucunement besoin de s’affubler avec les effets langagiers pervers rhétoriques affutées. Sous couvert de distance dite sanitaire, nous constatons le développement de thèses hygiénistes – préexistantes à la pandémie – à l’exemple des parcours à sens unique et de protocoles développés à la suite du discours du 1er ministre du mardi 27 avril 2020 relevant plus de l’univers concentrationnaire infusant jusque dans la cour des écoles ou à la cantine. La cour de récréation devient cour de promenade balisée avec interdiction de se toucher. L’enfant ceinturé ! Le corps en con-tension et la pensée laissée à la machine infernale. La contention, l’emmurement, comme si nous nous en contentions, mais pour combien de temps ? « [..] Le sujet moteur est littéralement emprisonné, pris dans la carapace qui seule assure la contention, au moins à tel moment du vol, de l’organisation dans ce qu’on peut appeler sa solidarité élémentaire. Voici donc ce corps devenu si je puis dire, une sorte de mollusque, mais arraché à son implantation végétative. Cette carapace devient une garantie si dominante du maintien de cette solidarité, de cette unité, qu’on n’est pas loin de saisir que c’est en elle en fin de compte qu’elle consiste, qu’on voit là, en une sorte de relation extériorisée de la fonction de cette unité, comme véritable contenant de ce qu’on peut appeler la pulpe vivante. Le contraste de cette position corporelle avec cette pure fonction de machine à raisonner. […] [18]»

Distance qui sera surveillée par des drones parlants et sommants, survolant et quadrillant l’espace urbain, justifiée par des sommités : à Tunis, « un drone chargé de vérifier le respect du confinement »[19], ou en France, une utilisation qui confinera à « une extension problématique de la vidéosurveillance[20] ». Dès le 25 mars 2020, la Commission européenne réclame des données d’opérateurs téléphoniques pour évaluer l’effet des mesures de confinement[21]. Le cabinet de Thierry Breton se veut rassurant et l’assure : « Ce projet est parfaitement dans les clous de la législation en matière de vie privée, à la fois la directive ePrivacy et le Règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD). » Nous lisons les différentes dimensions du discours : symbolique, imaginaire et réel. Chacune suit ses chaînes signifiantes au un par un de nos histoires singulières. Restons concentré…Les conséquences sont foisonnantes et se multiplient les offres commerciales et institutionnelles : Google publie les données de géolocalisation de 131 pays, dont la France[22], et la situation justifie et conduit l’Insee à collaborer avec Orange pour élaborer une première description, provisoire, de la nouvelle répartition de la population sur le territoire[23].

 

Claude Breuillot, Psychanalyste

cbreuillot@gmail.com

Twitter : @cbreuillot  / psychanalysebourgogne.wordpress.com

[1] Lacan, J. « Sur le problème des hallucinations », Compte rendu par Jacques Lacan de la 84ème Assemblée de la Société Suisse de Psychiatrie à Prangins les 1933, 7-8 octobre Paru dans l’Encéphale n° 8, 1933,  pp. 686-695. 

[2] Lacan, J. « Le transfert », Leçon du 16 novembre 1960.

[3] Lacan, J. « Le transfert », Leçon du 16 novembre 1960.

[4]  Hall, E.  « La dimension cachée », (1971)

[5] Québriac, E. Calmes, A. « Le management inter culturel au risque de la proxémique », Université Rennes 2, Communication et organisation [Online], 18 | 2000,.

[6] Lacan, J. « Folies simultanées », dans « Annales médico-psychologiques », séance du 21 mai 1931 de la Société médico-psychologique, 1931, t 1, pp.483-490.

[7] Hassenteufel, P. « Représentation des médecins et redéfinition de l’action publique : la régulation des dépenses de médecine ambulatoire en France, en R.F.A. et en Autriche », Dans Politiques et Management Public, Année 1992 10-3, pp. 31-60.

[8]  Leclaire, S. « On tue un enfant », 1975, Essais, Points, pp.90.

[9] La Fontaine, De, J. « Les Animaux malades de la peste », 1621 – 1695

[10] Chomsky, N. Herman, E. « La fabrication du consentement », 2002, Éditions Agone.

[11] Chemama, R. « L’inconscient, c’est la politique », dans Journal français de psychiatrie, 2006/4 (n° 27), pp.15-18

[12] Ginzburg, C. « Indices », dans C. Ginzburg, Mythes, emblèmes, traces [1986, Einaudi], Flammarion, 1989.

[13]  Lacan, J. « L’éthique de la psychanalyse », LEÇON DU 16 DÉCEMBRE 1959

[14] Lacan, J. « Le savoir du psychanalyste », dans « Entretiens de Sainte Anne », Leçon du 1er juin 1972.

[15] Brachet, E. Article de RFI, « Coronavirus : au Liban, manifestation de la faim en plein confinement », 31.03.2020.

[16] Bancaud, D. « Coronavirus : « Je suis sans aucune nouvelle d’une douzaine d’entre eux » … Les profs craignent que des élèves décrochent », Article de 20 minutes, 31.03.2020

[17] Article, « Bourse : huit actions à acheter et sept à vendre après le repli du CAC 40 », Le Revenu,  25.04.2020

[18] Lacan, J. « L’identification », LEÇON DU 28 FÉVRIER 1962

[19] Collet Benoit, RTL, Article : « Coronavirus à Tunis : un drone chargé de vérifier le respect du confinement », 25 avril 2020.

[20] Normand, J-M. « Le drone, renfort utile mais controversé pour faire respecter le confinement », dans « Nos vies contrôlées », Le monde, 26 mars 2020.

[21] Untersinger, M. « Coronavirus : la Commission européenne réclame des données d’opérateurs téléphoniques pour évaluer l’effet des mesures de confinement », Le monde, 30 mars 2020.

[22] Challand, R. « Confinement : Google publie les données de géolocalisation de 131 pays, dont la France », Les numériques, 3 avril 2020

[23] INSEE, « Population présente sur le territoire avant et après le début du confinement – Premiers résultats », 8 avril 2020.

Pour citer cet article :

Breuillot, c. « Confinement et contention: De l’absolutisme à l’ab-solution finale ? »url https://psychanalysebourgogne.wordpress.com/2020/04/30/education-covid19-coro-nation-et-confinement-de-la-pensee-lacan-psychanalyse-science-medecine/ , 2020

#psychanalyse #psychiatrie #Éthique François Tosquelles sur la psychanalyse [vidéo] – Comme des fous

23 Avr

François Tosquelles sur la psychanalyse [vidéo] – Comme des fous
— À lire sur commedesfous.com/tosquelles/

#psychanalyse #Éthique François #Tosquelles sur la psychanalyse [vidéo] François Tosquelles, psychiatre catalan ou plutôt « psychiste », comme il aimait à le dire, ne fut pas seulement révolutionnaire politiquement parlant…

#biopolitique #Foucault #Eugénisme #EHPAD #sciencesPo

3 Avr

#Universite #sante #education #psychanalyse

#Foucault #biopolitique

Lapouge:”La dégénèrescence est la malédiction de l’humanité.” Revue d’anthropologie, 15 mars 1988, pp.175-176.

Concours d’entrée à #sciencesPo

➡️ Question 1: Comment préparer un peuple en passant par les #médias et l’#infocom, à légitimer l’#eugénisme mot formé en 1883 par le savant angl. F. Galton (1822-1911) ? Vous pourrez évoquer l’hygiènisme.

➡️ Question 2: Comment justifier le droit de vie et de mort sur nos anciens en #EHPAD ?

Vous avez 3h. 😷

“Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive.” – De Eugène Ionesco

On pourra aussi aller voir du côté de la callipédie…mot désuet…mais signifiant….

callipédie
(kal-li-pé-die) s. f.
Ensemble de conseils donnés aux parents pour qu’ils procréent des enfants aussi beaux qu’il leur est possible.

#societe #coronavirus #psychanalyse #covid19 #ASE #ASEF EFFARANT! Pire que dans les #EHPAD

31 Mar

#Éthique #psychanalyse et tentative d’infantilisation par l’ASEF !

Des nouvelle du co-vide…

Alors que je m’époumone depuis 15 jours pour rappeler à l’ASEF ses devoirs, nouveau mail d’une éducatrice, qui semble avoir pris la mesure de mes pulsions invocantes…

« Bonjour M Breuillot,

Je raccroche à l’instant d’avec Mme———et ——. J’avais besoin de prendre la température avant de vous répondre. ———est tout à fait disposé à poursuivre le travail engagé avec vous par téléphone.
A ce jour, il m’exprime des inquiétudes légitimes liées à la santé de ses parents, frère et sœur. Nous avons convenu qu’il appellerait ————— et qu’il enverrait un message à ———.

Vous avez donc notre feu vert pour poursuivre la prise en charge par téléphone.

Bonne fin de journée,

Cordialement, »

Ce à quoi j’ai répondu: « Bonjour Madame,

Avais-je besoin d’un feu vert en dehors de l’accord de ——- que je reçois régulièrement ? Je ne comprends pas cette question de feu vert. Je suis à même d’entendre si un enfant est en accord ou pas avec le nouveau dispositif. Je vous remercie. J’ai déjà l’autorisation de prise en charge.

J’ai eu Mme ———-au téléphone, pas de soucis, nous poursuivons dès demain.

Bien cordialement,
Au plaisir de vous rencontrer. Avez-vous des disponibilités par téléphone ou autre ? »

Prendre la température ? 😷

#coronavirus #Covid19 Écoute solidaire pour soignants…#sante #EHPAD #ASE #HÔPITAL

26 Mar

#politique #psychanalyse #education #covid_19 Proposition de cartel

21 Mar

Cartel :

Analyse Freudienne


Psychanalyse et Politique

Le virus : Du Réel, des attributs du Sujet et de leurs effets à en-visager…

Je reçois aussi actuellement de jeunes patients de l’#ASEF ou non, à leur demande, engagés dans un travail depuis de nombreuses séances, par Skype, tout en sachant – et c’est parlé – que cette invention est limitée dans la temps. Des analyses à venir..


Concernant le cadre et les effets du hiatus concernant l’image/objet réel/virtuel en lien à l’Idéal-du-Moi versus Moi-Idéal, je proposerais bien un cartel pour travailler ces questions cruciales pour la psychanalyse.


Peuvent participer à ce cartel toute personne engagée dans ces réflexions aux confins du Réel – en institution ou en cabinet -, du Discours psychanalytique, d’une topologie, et de la structure.
Une séance par mois par Skype, à définir.


Joindre claude Breuillot 0682370453

cbreuillot@gmail.com

#politique #société #coronavirus #covid_19

19 Mar

#psychanalyse #Éthique et co-vide

Oh! Raison funèbre? “Le tombeau des héros est le coeur des vivants.” André Malraux / Oraisons funèbres

J’ai choisi de garder le cabinet ouvert, désir d’analyste convoqué à une clinique du Réel, et cela a ses effets. Il faut se raisonner savoir ou l’o-raison gardée. “L’oraison funèbre est la prière avant que les asticots se mettent à table.” – Jean-Paul Richter / Etre là dans l’existence

Comme le dit Lacan, nous sommes frères du Discours analytique avec les analysants, ces parlêtres…

Le transfert, c’est le transfert de l’analyste et j’en suis son obligé.

Dans les champs Éthique et Politique, quand on suit de près les accents eugénistes de certains signifiants dans la Cité, les chafouins et leurs Discours me fond blêmir:
“…Cet accès de responsabilité est formidablement comique ; toute vie enfin réduite à l’infection qu’elle est réellement, selon toute vraisemblance, ça c’est le comble de l’être pensant !…”
J.#Lacan, in 1974-11-01 LA TROISIÈME

Oh! Raison jaculatoire ? Aux confins de l’angoisse et des réminiscences ou survivances inconscientes, des rapports en l’homme et le signifiant, Lacan écrit : « C’est la tentation qui se présente à l’analyste d’abandonner le fondement de la parole, et ceci justement en des domaines où son usage, pour confiner à l’ineffable, requerrait plus que jamais son examen : à savoir la pédagogie maternelle, l’aide samaritaine. Le danger devient grand, s’il y abandonne en outre son langage au bénéfice de langages déjà institués et dont il connaît mal les compensations qu’ils offrent à l’ignorance. » ECRITS- LACAN Fonction et champ de la parole
1953-09-26

Munch (1863-1944)